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Séminaire IGP 2021/2022 (4) : Résister au Grand Paris ? Planification métropolitaine et stratégies locales – 2e année –

par IGP

Séminaire du Groupe transversal « Inventer le Grand Paris »

Labex Futurs Urbains (UPE)

Résister au Grand Paris ?

Planification métropolitaine et stratégies locales

– 2e année –

 

Mercredi 10 novembre 2021, 14h-18h00

※Séance en hybride※ 

 

 

※Sur place ※

Campus Condorcet

Salle 0.004

Bâtiment Nord

14 cours des Humanités

93000 Aubervilliers

Métro Front-Populaire (ligne 12) ou RER B station RER La Plaine-Stade de France

Plan : https://www.campus-condorcet.fr/cartographie

 

※À distance※

Lien Visio :

https://zoom.univ-paris1.fr/j/95879545316?pwd=R2lnYlQzc2FSdUdHMFhRckhjeVJ4Zz09

Nº de réunion : 958 7954 5316

Code secret  472506

 

 

Coordination scientifique :

Emmanuel Bellanger (emmanuel.bellanger@univ-paris1.fr)

Cédric Feriel (cedric.feriel@univ-rennes2.fr)

Beatriz Fernández (beatriz.fernandez@ehess.fr)

 

Contacts

Yoko Mizuma (yobububu[at]hotmail.com)

Frédéric Pousin (frederic.pousin[at]wanadoo.fr)

Nathalie Roseau (nathalie.roseau[at]enpc.fr)

 

 

 L’histoire du Grand Paris est scandée par les grands plans d’aménagement. Mais au-delà de ce Grand Paris de papier, la métropole se structure concrètement par les stratégies des municipalités, des conseils départementaux, des acteurs publics et privés, voire des mobilisations collectives d’organisations et d’habitants. Cette séance sur le thème des « résistances au Grand Paris » est la seconde d’un cycle de journées d’études conçues sur plusieurs années.
Il ne s’agit pas de considérer les différents acteurs des métropoles comme uniquement des opposants à leur gouvernance et leur aménagement car celles et ceux qui y vivent peuvent incarner une vision alternative et se revendiquer co-constructeurs des métropoles. Il s’agit ainsi de penser les « résistances » dans un sens large en s’intéressant tant aux manières dont les acteurs locaux se réapproprient, contestent ou détournent les projets métropolitains (si ce n’est les effets de la métropolisation) qu’aux propositions alternatives aux aménagements institutionnalisés qu’ils soutiennent. Dans cette perspective, nous croiserons cette année l’expérience du Grand Paris avec celle d’autres grandes capitales.

 

 

 

Programme

 

14h. Accueil

 

14h15-14h30. Introduction

Emmanuel Bellanger (CNRS, CHS) ; Cédric Feriel (Rennes 2, EA Tempora) ; Beatriz Fernández (EHESS, Géographie-Cités)

 

 

14h15-14h45

Sarah Lilia Baudry (Géographie-cités)

Négocier la production de l’espace public :

observations autour des périphéries romaines sur l’Agro Romano

Métropole de 3 millions d’habitants, composée de plus de 1280 m2, au pouvoir centralisé, la ville de Rome a longtemps été considérée, contrairement à Paris, comme une ville « sans banlieue » (Seronde Babonnaux, 1980) particulièrement en raison de son urbanisation en partie informelle, au cours des siècles  précédents, au sein de l’Agro Romano.

Le décalage entre la planification imaginée et les réalités urbaines ont pu rendre difficile l’intervention publique dans ces territoires. Les modalités d’intervention des politiques urbaines à Rome en périphérie s’avèrent ainsi complexes et se font majoritairement sous le sceau de la négociation, et sous diverses conditions et accords entre différentes parties prenantes. Il s’agit ainsi ici d’appréhender la(co)construction qui se noue autour des espaces publics en périphérie romaine à travers son jeu d’acteurs et à travers la marge de manœuvre limitée de l’action publique.

 

 

14h45-15h15

Pauline Rossi (Commission du Vieux Paris, DAC, DHAAP) 

Les desseins du Grands Paris :

une métropole homogène pour une ville par parties

Depuis l’entre-deux-guerres, plusieurs visions du Grand Paris ont été pensées et parfois esquissées – sur le papier comme dans les faits – comme le prolongement naturel ou le rééquilibrage volontariste d’un épicentre composite, pétri de contradictions et d’imaginaires collectifs que les politiques urbaines et les plans d’urbanisme ont tenté de matérialiser. Dès lors, les résistances sont le fruit de réticences contradictoires à voir la capitale être prolongée avec ses qualités, mais aussi ses défauts ou, au contraire, à penser l’extension comme un correctif, renforçant ses atouts et annihilant ses faiblesses. En 1919, les pères fondateurs d’un urbanisme à la française avaient fait leur l’idée d’un prolongement « culturaliste », « conservateur », avant qu’un urbanisme « progressiste » et « constructeur » ne soit théorisé dans les années 1930, atteignant son paroxysme pendant les Trente-Glorieuses. Ces deux visions ont cependant connu des sursauts à travers le temps, non sans raviver des résistances. Les enjeux de ce débat sont multiples : les problématiques socio-économiques, portées par des débats politiques, sont une évidence. Mais les aspects esthétiques, architecturaux et urbains de cette problématique sont fondamentaux. Qu’un plus grand Paris soit recherché par sa reconstruction sur lui-même ou, dans une logique d’extension, l’esthétique de son dessin occupe tous les esprits. Or, après les enjeux économiques, la notion d’esthétique urbaine est bien l’une des données les plus sujettes à la polémique, la controverse, la résistance.

 

 

15h15-16h00

Discussion

 

 

16h00-16h30

Patrick Le Galès (SciencesPo, CEE), Tommaso Vitale (SciencesPo, CEE, sous réserve)

 Gouverner la métropole parisienne

La gouvernance du Grand Paris est prise en tension entre la volonté de l’État de contrôler la capitale à coup de plans stratégiques et d’organisations, et l’établissement de coopérations horizontales respectant la vieille opposition entre Paris et sa banlieue. Avec le temps, ces deux logiques ont perdu de leur force. La décentralisation a rebattu les cartes au sein de l’Ile-de-France. Les politiques publiques menées dans les domaines des transports, de la police ou de la rénovation urbaine ont fait bouger les anciennes lignes de structuration et d’opposition politique. La toute-puissance de Paris, symboliquement défendue par le boulevard périphérique, s’est estompée sous l’action des réseaux, des institutions et même des conflits. La communication portera sur les dynamiques politiques et institutionnelles d’une métropolisation inachevée.

 

 

16h30-17h

Martine Drozdz (CNRS, LATTS)

Le désenchantement urbain ?

Planification métropolitaine et mobilisations habitantes à Londres

À partir d’une enquête réalisée à Londres dans les années 2010, cette présentation explore les manifestations des tensions entre planification urbaine métropolitaine, collectivités locales et mobilisations habitantes dans la capitale britannique, au seuil de l’arrivée au pouvoir de l’administration Khan (2016). Sans s’interdire des mises en perspectives historiques avec les programmes menés dans les années 1980 et 1990, et des comparaisons avec les évolutions les plus récentes de l’urbanisme londonien, cette présentation se concentrera sur un moment singulier, la transition entre les administrations Livingstone (2000-2008) et Johnson (2008-2016) pendant lesquelles les conflits urbains mettent à l’épreuve les doctrines et les pratiques entrepreneuriales qui caractérisent l’urbanisme londonien depuis la deuxième moitié des années 1980. Cette exploration permettra de revenir sur les enjeux de qualification des doctrines et pratiques de l’urbanisme londonien des années 2000, sur les différentes interprétations de ses évolutions, tout en abordant les enjeux méthodologiques du suivi de l’activité protestataire qui se déploie à partir de la deuxième moitié des années 2000

 

17h-18h.

Échanges et conclusion

 

Figure 1 :

Le Plus Grand Paris. Revue mensuelle illustrée d’information et de documentation, n° 1, 1937 (Ville de Paris/BHdV, domaine public)